Il y a des moments où …

(seule photo de nous deux que j’ai pu retrouver … ça craint! Ceci dit elle colle parfaitement: “bonjour on est hyper sérieuse on est en train de lire le journal – tant pis si c’est le journal d’Yves Rocher”. A l’époque on rêvait que d’une chose : grandir pour avoir le droit de faire comme Carrie)

Il y a des moments dans la vie où l’on se rend compte qu’on a grandi/vieilli (ou les deux).
C’est un processus, grandir, ceci dit ça nous tombe d’un coup dessus comme ça, une fois que c’est fait.
Tout à l’heure j’étais chez H&M, et pour la première fois de ma vie je me suis dit : “non, je ne peux pas porter ça, je suis trop vieille”. Pire, je regardais les rayons dans lesquels je m’habillais avant, en me disant : “tiens si j’avais 5 ans de moins, ça m’irait bien”, ou : “j’avais un truc semblable quand j’étais en seconde”, ou encore : “sympa cette nouvelle collection pour adolescent”.

Je suppose que ça a du nous faire pareil quand on a arrêté de s’habiller en 12 ans chez Petit Bateau et qu’on a commencé à mettre du S chez Jennyfer … mais bon, à l’époque, ça avait pas du entraîner des réflexions métaphysiques chez moi.

Après j’ai vu ces gamines de 15 ans en groupe de 3 qui me rappelaient curieusement quelque chose … à part qu’elles étaient évidemment mieux habillées que nous à l’époque, cela va sans dire. Parce que de 1 : nous sommes à Berlin. Et de 2 : les jeunes ont trop la classe maintenant sérieux!!! Ils font comment?!

Bon il faut dire que ça m’est pas tombé dessus cet aprem genre révélation. Ca fait plusieurs mois qu’il y a des signes. Comme cette fois où on est retourné dans un bar où on allait étant jeunes et insouciants, et qu’on a croisé des jeunes insouciants fêtant leurs 17 ans … ces mêmes jeunes insouciants qui nous ont vouvoyés … On en rigole sur le coup, mais ça fait un sacré choc!

Et puis outre ces choses somme toute insignifiantes, il y a le fait de se rendre compte en permanence que non, le monde dans lequel on vit, ce n’est pas le monde des bisounours. Cette sensation est un peu accrue quand on vit dans une capitale. C’est pas Simmel qui disait qu’en milieu urbain on était sujets à tellement de sollicitations visuelles par jour, on voyait tellement de choses et d’événements, qu’on en devenait dépressifs? Un truc du genre.

Tout ça pour dire qu’il ne fait pas bon de vieillir. Ca craint. C’est pourri.
Partant du principe bien connu que ce qui m’arrive à moi n’est pas un cas isolé, je peux généraliser et dire que ma génération est en train progressivement de se rendre compte qu’elle fait partie de la cour des grands maintenant. Qu’on est la génération des jeunes adultes, quoi.
Ce qui m’amène à la conclusion suivante : on peut donc analyser toutes nos actions comme une succession d’actes désespérés destinés à nous donner l’illusion ne serait ce qu’un instant que rien n’a changé, qu’on est toujours aussi jeune, qu’on peut toujours s’habiller chez H&M.
Voilà, plus personne ne sera dupe quand je dirais fièrement : PUTAIN T’AS VU CES NOUVELLES NIKE? ELLES SONT PAS TROP COOL MEC? (d’ailleurs le ton même exprimera le désespoir, vous verrez.)

Kälte (die)

Ich mag dieses Bild. Ich mag einfach unseren Blick. Es war einen Donnerstagmorgen, um halb acht oder noch früher. Kalt wahrscheinlich aber unglaublich schön.

Als wir nach Frankreich mit dem Zug zurückgefahren sind, gab es einen Schneesturm in Österreich und in der Schweiz. In Voralberg war alles weiss. Wir konnten gar nichts sehen (aber wir schliefen). Die Landschaften waren trotzdem wunderschön.

 

Flöckchen (das)*

* Je dois absolument apprendre par coeur ou du moins tenter de retenir les genres des noms allemands. C’est très contradictoire pour une étudiante sur le genre, j’en conviens. Mais bref, c’est ce qui me pose certainement le plus de problème dans l’apprentissage de cette langue (oui non pas que ok aheum). A chaque fois j’ai une chance sur 3, ou plutôt 2 chances sur 3 de me gourer, et à chaque fois je tombe dans le piège. C’est vraiment devenu indispensable, étant donné que dans mon dernier test d’allemand j’ai parlé de “das Trend” (en même temps quelle idée de toujours vouloir importer des mots anglais) et de “der Welt” (aucune excuse cette fois, c’est pas comme s’il y avait un journal un tout petit peu connu qui s’appelait “Die Welt”).

** Das Flöckchen signifie “petit flocon”. C’est fou cette manie qu’ont les allemands de tout voir en petit. Ils peuvent pas juste dire : “eine kleine Flocke” (oui parce que c’est “die Flocke”). Non, il faut qu’ils fassent un mot exprès. C’est vrai que ça te sert dans ta vie de tous les jours d’avoir un concept spécial pour pouvoir parler de petits flocons, au cas où, on sait jamais …
N’empêche que, comme tous les mots en -chen, celui-là est vraiment mignon.

*** Je crois que je suis fascinée par les lignes que l’on peut observer dans la nature, notamment celles artificielles des avions dans le ciel d’Innsbruck (qui comme chacun sait, est une plaque tournante du trafic aéroportuaire – non sans rire, les avions, de par la proximité de l’aéroport, occupent une place non négligeable dans la vie de chaque Innsbruckois-e). Si on réduit ces photos ou ces paysages aux lignes de force, ça ferait presque penser à de l’art abstrait. Comme quoi l’art abstrait n’est pas si abstrait que ça. Ou peut être que la nature est abstraite. Ou peut être que la nature est artificielle. Ou peut être que l’artifice est naturel. Ou peut être que c’est naturel de s’abstraire de ces réflexions abstraites …

Frühstück (das)

Le müsli c’est la vie, on est d’accord.
J’avais envie de partager la recette de notre müsli, à ma colloc et à moi, qui nous remplit le ventre chaque matin (oui chaque matin, c’est le müsli quotidien si tu veux, parce que les jours de fêtes, c’est pancakes!)
En gros la base reste toujours la même :
- un booooooooooon müsli (le meilleur est celui d’Ovomaltine, selon moi, mais celui que j’utilise ici est cool parce qu’il y a des morceaux de framboises …), avec de préférence différentes céréales, pour les apports nutritionnels et les différences de croquant sous le palais (oui ton palais a besoin d’être aiguisé dès le matin, apprenti gourmet que tu es) ;
- un fruit : kiwi, banane, pomme … ;
- du yaooouuurt : nature ou à la vanille (ou toute autre excentricité yogourtesque, du style figue/raisin – d’où vient l’idée de ce mélange ?? tu crois que c’était pour qu’on te fasse la blague tous les matins : “t’es de bonne humeur aujourd’hui?” “huuum mi-figue mi-raisin” ? )
- du sirop d’érable (avec le müsli Ovomaltine, c’est le pied)
- des noix/fruits séchés (genre cranberries)

Et pour accompagner tout ça (oui parce que ça donne soif), un bon Ingwer Chai Tee Latte! C’est un mélange d’épices chai, mais où on s’est laissé aller sur le gingembre (ingwer). D’ailleurs y a pas de gingembre dans le vrai thé chai? Donc en fait c’est juste un chai avec du gingembre. Et c’est boooooooooooooooooooon. Mais booooooooooooon …

Bon vu le nombre de voyelles rallongées dans cet article, je pense qu’on aura compris que le müsli donne la pêche. Même par -5 degrés. Il en faut bien, de l’énergie, pour faire du vélo jusqu’à la fac et suivre 1h30 de cours en allemand voire autrichien voire tyrolien …

C’est pas le tout j’ai une interview hyper bouillante pleine de révélations à préparer – du genre de celle où l’interviewé(e) a déjà les questions avant l’interview … tu vois le genre quoi, hyper bouillant, plein de révélations, top niveau de l’investigation journalistique. Mais bon, en même temps, quel journaliste ne donne pas ses questions à l’avance aujourd’hui en France ? ^^